La journée où on perdra notre adoré scooter et où nous prendrons notre pire traversier… (La Paz – Mazatlan) 2019


Après trois mois dans une maison louée, on est dispersé. Il nous faudra un bon trois jours pour finalement être prêt à repartir à bord de notre VR.

Première étape, obtenir le permis d’importation du VR et de notre scooter, 49cc. Pour traverser depuis la Baja California vers le Mexique continental, on doit posséder un permis d’importation temporaire. Dans notre tête et dans nos lectures, tout nous semblait simple… Erreur…

Je dois reculer dans le temps, au mois de septembre (aux États-Unis) un homme fort sympathique, nous avait averti qu’il n’était pas possible de traverser les douanes mexicaines avec deux véhicules au même nom. Nous prenons donc les dires au sérieux et entamons les démarches pour faire changer le scooter à mon nom (Marie-Claude). Ce que le gentil monsieur ne savait pas, c’est que pour un 49cc ce n’était pas nécessaire et que vous comprendrez par la suite que ça nous a mis dans la merde…

Alors, nous sommes au comptoir de l’organisme Banjercito, pour faire les permis d’importation…

Premier problème, nous sommes le 30 mai, le certificat d’immatriculation du VR (l’original) expire le lendemain… Nous avons la preuve (photo-copie) du nouveau, mais l’original se trouve au Québec. On lui explique (une chance que mon chum est bon en espagnol) qu’il nous est impossible d’avoir l’original car nous avons quitté notre pays depuis plusieurs mois… Elle téléphone à son supérieur, discussion sans fin… On stresse et finalement, vu que notre papier original est encore bon jusqu’à minuit, ils se doivent de nous faire le permis. OUF!

Une loi particulière pour le VR, le permis est bon durant 10 ans (entrées et sorties illimitées), le coût revient à 59$ US.

Et là, commence notre enfer… On lui demande alors dans quelle catégorie entre notre scooter de 49cc. Encore là, discussion interminable avec son supérieur pour en arriver à la décision que c’est comme importer une moto. Elle nous explique que pour les motos, le permis n’est que de 6 mois et est égal au visa… Si on fait le calcul rapide, nous sommes entrés au Mexique le 5 janvier, nous sommes le 30 avril, donc il ne nous reste que deux mois. OK, pas de problème, que devrons-nous faire pour prolonger le permis.

Le seul et unique moyen est de franchir une douane terrestre, donc Guatemala ou revenir aux États-Unis. IMPOSSIBLE, c’est à plus de 1500 kilomètres. Nous expliquons (encore merci Richard) que nous nous dirigeons vers Mexico City et que de là, nous prenons un vol (25 juin) pour notre pays et que nous revenons un mois plus tard pour continuer notre route. Mais ça n’a rien à voir avec la moto. Elle a beau vouloir, elle ne voit aucune solution… Nous non plus. Si nous payons le permis 59$ US plus 400$ US de dépôt (ce montant est remboursable à la sortie du véhicule du pays, alors qu’il n’y a pas de dépôt pour le VR) nous le perdrons après les deux mois et notre scooter deviendra alors illégal… Pour un tout petit scooter que nous avons payé $500 il y a un an. Merde de merde, on décide de prendre 24 heures de réflexion.

24 heures plus tard, nous prenons la décision de payer le gros prix et de traverser notre scooter (on l’aime et on l’utilise beaucoup), on se dit que l’on trouvera une solution pour se faire rembourser rendu à Mexico…

On revient voir la gentille demoiselle qui s’est transformé en gentil monsieur 😉 On explique encore notre situation et là, je l’écris et je rage, il nous explique que pour un scooter de 49cc, s’il avait été au même nom que le propriétaire du VR (rappelez-vous le paragraphe plus haut) il n’y aurait aucun problème, car il serait sur le même permis d’importation que le VR. Je me retiens ici d’écrire tous les gros mots qui me passent par la tête.

Ensuite vient l’horreur… Ok, on revient à notre idée de payer le gros prix et de s’organiser à Mexico… Ben non, le gentil monsieur nous explique que hier c’était correct à cause que notre original (papier d’enregistrement) était encore bon, mais qu’aujourd’hui la date est expirée, il ne peut rien faire pour nous… QUOI! Vous me dites de jeter ma moto…? Notre seule solution aurait été d’attendre le nouveau certificat par la poste mais le permis n’aurait été bon que 2 mois et nous aurions perdu le $600Can de dépôt.

J’avoue qu’à ce moment précis je suis frustrée, triste et encore frustrée.

Bon alors, on doit faire notre deuil… On téléphone à Olga (la femme de ménage de notre logeur), elle nous a donné à quelques reprises des cours d’espagnol et on sait qu’elle a deux adolescents qui pourront profiter pleinement de notre beau scooter.

En moins de deux, nous sommes chez elle et lui donnons disons un beau cadeau d’au revoir…

Retour pour le ferry avec un VR un peu plus léger…

Rares sont les moments en 6 ans de vie de nomades où on aurait voulu vite passer à autre chose…

Arrivés au port, on passe les douanes (une vrai farce, c’est dans le même pays, on fait juste changer d’état, tout ce qu’ils font est de vérifier le permis d’importation). Environ une minute plus tard, nous sommes sur une pesée afin d’avoir un papier officiel avec le poids, la longueur et le type de véhicule, car par le suite le prix est en conséquence…

Alors au comptoir d’achat du billet, la caissière super sympathique décide (on ne sait pas encore trop pourquoi) de passer notre motorhome (écrit en gros sur notre papier) comme un camion à roues doubles de transport… Donc avec ce calcul, on paye à la longueur au lieu du prix de base du motorhome. On sauve donc plus de 200$. Wow! Merci, enfin un petit bonheur…

Ça finit tout de même par nous couter 800$ Can.

Nous sommes très tôt sur le quai d’embarquement, avec toutes mes lectures, il était évident que d’arriver tôt nous permettrait de mettre le VR sur le pont supérieur (obligé si on veut dormir dans le VR). Nous sommes dans les premiers à monter à bord, ordinairement très chanceux, j’aurais aimé vous écrire que nous avions une place de rêve, que nous avons dormi comme des bébés, blablabla…

Ho que non! On se retrouve complètement au fond dans un coin et sous un toit, entouré d’énormes camions… Mais ça c’est rien, le camion à côté de nous, fera fonctionner son moteur toute la nuit (12 heures). Bon encore, le bruit on finit par s’y habituer, mais la chaleur et l’odeur des gaz d’échappements étaient terribles, et étant dans le coin avec aucun mouvement d’air, c’était horrible.

Même ouvrir la porte était un défi…

Au début de la traversée, qui dure 15 heures, nous passerons quelques heures dans « le salon et/ou cafétéria ». Les repas sont inclus et quand même pas trop mauvais. À la télévision passe un « James Bond », on regarde un peu le film et les mexicains, tous des chauffeurs de poids-lourds, sont bien écrasés dans les divans, on dirait même qu’un d’entre eux se liquéfie… Pouhahaha!

Rendu au soir, il fait environ 34 dégrées à l’intérieur de notre VR et Rick nous regarde en espérant qu’on ne tombe pas endormi pour ensuite mourir asphyxié par les gaz… Disons que la nuit fut pénible. Il a fini par dormir un peu sur le plancher.

On a quand même survécu, mais oh combien heureux de retrouver la terre ferme…

Au revoir ami fidèle, on aura profité de ta présence durant une belle année, je souhaite que tu aimes ta nouvelle famille…

Catégories :Amérique, En route...En VR, MexiqueTags:, , , ,

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