Haaaa! Le bord de mer… Mazunte, Zipolite et Puerto Escondido, et comment on fait du mole negro… (Mexique) 2019


Dans notre trois mois de sédentarité (à Oaxaca), nous prendrons deux semaines sur le bord de mer, mais pas avec notre vr. On choisit la facilité, en louant une voiture et des Airbnb. Pas que la vie en VR soit difficile au contraire, mais la route pour se rendre sur ce bord de mer est disons plus simple en voiture… Je vous raconte aussi à la toute fin de l’article, l’expérience extraordinaire que j’ai eu avec la maman de la femme du propriétaire du camping à faire l’incroyable « mole negro ».

Trois routes sont possibles pour aller sur la côte, la première moins tortueuse prend facilement trois heures de plus (route190), la deuxième tortueuse à souhait, celle que l’on prendra (route 175) et pour finir celle que tout le monde nous dit non, non, pas celle-là (route 131).

Les 3 premières heures ne sont pas si mal et on avait prévu une nuit dans les montagnes, près de San Jose del Pacifico, pour couper la distance en deux. À notre arrivée, la petite cabane en bois est à 2500 m. d’altitude, on adore être au dessus des nuages. Après quelques minutes, on se retrouve dans le nuage, ça donne un coté apocalyptique impressionnant. Nous sortons nos manteaux, ça fait au moins un an qu’ils n’ont pas été utilisés… Le foyer ne dérougira pas de la soirée pour pouvoir passer une nuit confortable. Nous en profiterons pour faire des guimauves sur le feu. Et le lendemain nous serons nus sur la plage… un peu de contraste 😉

C’est le lendemain que l’on comprendra pourquoi on nous disait que la route était difficile… 4 heures de route dans la montagne à travers la forêt, cela n’aurait pas été facile en VR. Surtout qu’à la première ville, il y avait de la construction et la rue d’évitement n’aurait pas été assez large.

On arrive finalement à destination…

Zipolite

Une belle petite bourgade de babas cool. Nous sommes en basse saison, alors on peut profiter des plages vides, seulement quelques tout-nus (Zipolite est une plage nudiste pour ceux et celles qui le veulent bien). On mange les pieds dans le sable, nous trouvons derrière un rocher notre coin de paradis, seul au monde avec la mer, ça nous manquait. Notre petite maison (Airbnb) du style balinaise nous enchante, et on y mangera des crevettes énormes prises dans un marché local, un pur moment de bonheur…

Mazunte

Un autre petit village sympathique…

Nous étions en chemin pour Mazunte quand je vois sur le bord de la route une femme âgée, sans souliers, gros sac sur le bras… Mon coté samaritaine ne se fait pas attendre, en plus que la route était en pente raide… On s’arrête, Rick sort de la voiture et lui demande si elle veut un « lift » et bien sûr l’aide à monter à bord. Rapidement, on remarque qu’il y a dans son cou une carte donnant l’information sur son nom et son lieu de résidence (une ville à plus d’une heure de marche à sens inverse). On lui explique que nous allons jusqu’à Mazunte et que nous pouvons l’emmener jusqu’à sa destination si ce n’est pas trop loin… On ne comprend rien, elle répète sans cesse la même chose, c’est comme si elle parlait une autre langue, le « pochutlecatl » peut-être?

On s’arrête sur le bord de la route, pour demander à des travailleurs de nous traduire, c’est pas très clair pour eux non plus. On ne sait plus trop quoi faire, et si on l’emmène jusqu’à Manzute et qu’elle doit par la suite revenir sur ses pas… C’est la « cata ».

Finalement on arrive à destination (Mazunte), elle ne semble pas vouloir sortir… On demande à un policier faisant la circulation de nous aider. La chère dame se met à paniquer (elle n’aime définitivement pas les policiers). Elle sort à toute vitesse de la voiture et marche à toute allure.

On explique la situation au policier, on lui suggère fortement de lui trouver de l’aide. C’est évident que mentalement, ça va pas fort. Le policier super sympa tentera de l’aider mais elle était farouche, jusqu’à ce qu’elle disparaisse…. Malheureusement.

Conclusion, j’ai voulu aider, ce n’est pas toujours évident et quand la langue est une barrière, ça n’aide pas non plus. J’espère sincèrement qu’elle va bien et que nous ne l’avons pas trop éloigné de son objectif.

Bon revenons à nos vacances de bord de mer 😉

Coopérative La Ventanilla

La plage de Mazunte n’était pas très attirante à cause des conditions météos des derniers jours (une tempête). On décide donc d’aller à la coopérative La Ventanilla et quelle belle surprise, wow, notre guide est formidable.

La Ventanilla est le nom d’une formation rocheuse de la côte qui forme une fenêtre, et que l’on peut apercevoir depuis la plage. Derrière la plage, une lagune immense est en reconstruction depuis que deux tempêtes en 1997 ont complètement détruit les arbres matures et les mangroves.

Notre guide nous donne une tonne d’infos en nous déplaçant lentement dans les mangroves, plusieurs espèces d’oiseaux y sont bien cachés, de magnifiques iguanes et quelques crocodiles dont un énorme, bien connu du guide, ne donnent pas envie de faire saucette.

On découvre une coopérative qui travaille fort à la reconstruction naturelle en replantant les arbres formant les mangroves. La lagune n’est séparée de la mer que par une mince bande de sable. Ainsi une certaine quantité d’eau de mer peut entrer mais la lagune gère un petit apport d’eau salée sauf si la tempête est vraiment énorme comme il y a 22 ans.

De plus, le guide nous montre aussi le taux de métal dans le sable noir, que seulement 2 ou 3 plages possèdent dans la région. C’est impressionnant, avec un aimant tout le métal s’y agglutine.

Cette belle visite pour un prix dérisoire soit 80 pesos par personnes (5,50$ Can.)

Voici mon coup de coeur… Les iguanes.

Les crocodiles…

Et tout le reste…

Un peu beaucoup de luxe

Comme je disais plus haut, la mer n’était pas très accueillante, mais il fait tout de même 37 degrés, on décide donc d’aller se la couler douce dans un hôtel de luxe avec piscine. La condition pour profiter des lieux est d’y dépenser au moins 300 pesos par personnes (20$ Can.), un montant facilement atteignable avec repas et consommation. Donc on en profite au max et on dépense nos 900 pesos assez facilement, sincèrement ça valait le coût 😉 On y restera plus de 3 heures…

Puerto Escondido

Nos deux semaines se termineront ici, dans ce petit coin de paradis… Nous avons loué une maison dans un arbre, en fait c’est plutôt l’arbre qui est dans la maison, puisque aucune structure n’est supportée par l’arbre. La maison est sur trois étages et l’arbre est directement au centre. La propriété au complet est sous la voute ombragée donnée par l’arbre, c’est magnifique et utile. Durant nos 4 jours, nous irons voir plusieurs plages (souvent en fin de journée car il fait beaucoup trop chaud), on profite ainsi de notre lieu et on se fait de bonnes bouffes. La ville de Puerto Escondido n’est pas très belle, son charme se retrouve sur les plages. Du côté à l’est, une plage sur plusieurs kilomètres, idéale pour les surfeurs. En face du centre, la Playa Carrizalillo, digne d’une carte postale, où les débutants surfeurs peuvent y aller sans crainte. Et à l’ouest, d’autres immenses plages dont un centre de protection des tortues marines qui vaut la peine d’être visité, surtout en fin de journée, au moment où les bébés tortues sont relachés.

Le mole negro… « RESPECT…! »

On revient plus vite que prévu de notre séjour au bord de la mer, car j’ai un rendez-vous. On approche grandement du magnifique « El dia de los muertos » et la « abuela » de la famille de Aly m’a invité à apprendre à faire le plat national de cette journée, le fameux, incroyablement complexe « Mole Negro ».

Déjà mon favori dans la cuisine mexicaine, je suis enchanté par cette offre que je ne veux manquer pour rien au monde. J’étais loin de me douter de toutes ces étapes (certaines que je ne comprend pas trop encore), de tous ces ingrédients, plus d’une trentaine. J’en suis bouche-bée.

La Mama est géniale, on se communique du mieux que l’on peut, avec ma pas trop mal compréhension de l’espagnol. Mais mon non-parlé me bloque parfois. Une chance que Maria (la petite fille, pas si petite elle à 21 ans) fait la traduction entre moi et sa grand-maman.

Alors, qu’est-ce que le « Mole Negro »? Une sauce onctueuse, que je disais très complexe avec un goût unique et qui varie d’une recette familiale à l’autre. Celle que j’ai fait, 3 jours de fabrication, est une recette typique de Oaxaca, avec les techniques aussi typiques qui se passent de générations en générations.

Les ingrédients principaux sont les piments (évidemment), plus de 8 variétés. Différentes sortes de noix (sésames, arachides, amandes, pécanes), trois sortes de tomates (tomatillo, tomate rouge et tomate verte, ne pas confondre avec la tomatillo qui est verte), des raisins secs, du pain (pas n’importe lequel, le pan de yema), des tortillas, des platanos (obligatoirement les « machos ») 🙂 ) du manteca (graisse de porc) et du chocolat mexicain (je vous en parle plus bas), en plus de toutes les épices…

Voici les étapes qui m’ont paru très étranges :

On cuit les tortillas, ou plutôt on les brule en y mettant le feu totalement. On fera la même chose pour les graines de piment que nous avons toutes enlevées dans le processus de nettoyage. La cendre noire sera mise dans le mole, saveur et couleur en sont la raison.

Autre étape étrange, on incorpore la pelure d’un des plantains (il faut que ce soit un fruit mâle). Ça, je n’ai pas compris pourquoi…

Alors après le nettoyage, coupage, et cuisson, et oui les piments sont cuits au four, pour devenir comme des chips, on passe tout dans le manteca (graisse de porc) et oui on fait tout, tout recuire dans l’huile (sauf les tomates). Les tomates sont cuites séparément.

Le lendemain, on part avec tout le mélange, direction le moledor, où ils passeront le mélange dans le moulin (deux fois à la demande de la mama), les tomates séparément.

On revient à la maison et on met le tout dans un énorme chaudron fait à cet effet. Nous aurons un total de 8 kilos de Mole Negro. Une fois par année, c’est la méga production (on congèle en petite portion), un régal, un moment magique dans ma vie d’épicurienne. En passant, j’ai eu mal au bout de doigts (c’est fort les piments) durant deux jours…

Chocolat…

Je vous parlais un peu plus haut du chocolat mexicain, ça aussi c’est une recette secrète (la mama me l’a donné), même Aly ne la connaissait pas… Avec les quantités, on se présente dans un molino à chocolat et on fait faire notre pâte de chocolat. Le mélange se constitue toujours de cacao, de cannelle, de sucre et d’amande, seules les quantités changent… Bon ok, j’avoue que la mama m’a confirmé après que j’aie essayé sa première recette, et que j’aie dit que ça ne goutait pas exactement pareil, qu’elle utilisait de la cannelle (meilleure qualité) achetée ailleurs et qu’elle faisait griller ses amandes avant… La petite cachotière pensait m’avoir 😉

Merci, merci, merci

Un énorme merci à Aly qui m’a voyagé, qui m’a donné de son temps sans compter, de sa GRANDE générosité, qui m’a permis de rencontrer sa maman extraordinaire, je ne me souviens plus le nombre de commissions que nous avons fait ensemble, les moments partagés… Et quand j’ai découvert que tu parlais un très bon anglais (ma coquine), nos discussions à propos de nos ados et de la vie en général. Merci mon amie, je t’aime.

Dernier souper…

Pour notre dernier souper au El Rancho, j’organise avec mon ami Marc-André un souper communautaire. On décide de faire des bagels (presqu’aussi bons que les Fairmount de Montréal) et une pièce de viande cuite trois heures au feu de bois, une très belle soirée pour clôturer notre séjour. Merci Marcan, je t’engage n’importe quand, on fait un team de feu 😉

Le prochain article sera sur le Guatemala, au revoir Mexique, on se retrouve dans quelques mois…

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1 commentaire

  1. J’adore, bon voyage les amis.

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