Quand un virus change tes plans du tout au tout… On revient au Québec. (2020)


Je ne sais pas trop par où commencer…

Comme vous le savez, déjà 7 ans que nous sommes « On the road ». Il y a quelques mois, nous avons tous (Richard, Rafi et moi) eu l’envie de s’arrêter.

Octobre 2019

Un coup de cœur pour la région de Puerto Escondido (Mexique), on se voyait très bien vivre sur le bord de la mer, avoir un petit « Bed and breakfast », continuer notre vie de rêve…

Vivre sur le bord de la mer est définitivement un rêve pour plusieurs québecois (et autres peuples évidemment). Ce que je veux dire, c’est que j’étais CERTAINE que c’était mon rêve… EUH NON!

Je vous explique : j’adore la mer, le bruit des vagues, l’odeur, le sable chaud, nager dans les vagues, blablabla… J’adore quand je suis en vacances 😉 Mais pas pour y vivre… Quand la température dépasse les 34 degrés, disons que je ne suis pas trop fonctionnelle, le hamac devient alors mon meilleur ami et mes fonctions d’activités commencent plus vers 16h30…

Si vous voyez où je veux en venir… L’objectif de s’arrêter n’est pas de faire du hamac, mais plutôt d’avoir un nouveau défi (je suis, Marie-Claude, une machine à projets). Mais travailler à cette température, pour moi c’est juste NON…

Donc, on continue de voyager dans ce pays que nous adorons (le Mexique, pour ceux qui ne suivrait pas) et on découvre une autre région… Oaxaca (la ville). Température idéale (30° le jour, 15 la nuit), on rencontre des mexicains géniaux, on trouve les alentours magnifiques, ça y est on a trouvé notre paradis, on en est certain, pas de doute, c’est ici que l’on jette l’ancre…

De novembre à mars

Avant de faire le grand saut, on part visiter le Guatemala (2 1/2 mois) et le Belize (1 1/2 mois).

J’ai un peu de difficulté à apprécier pleinement les deux pays, car j’ai juste envie de revenir et commencer nos nouveaux projets… Trouver une petite maison, ouvrir un resto, j’en dors plus, je suis toujours en train de créer des menus…

10-03-2020

À la fin de notre séjour au Bélize, le fameux Coronavirus commence à se répandre sérieusement ailleurs dans le monde. On ne se sent pas du tout concerné à ce moment, la vie semble n’avoir changé sur aucun plan. Tout tourne à fond dans le milieu touristique en Amérique centrale…

Quand nos amis (on avait de la belle visite au Bélize) quittent le 10 mars, certains pays européens commencent à être touchés de manière exponentielle, on sent un certain stress quand on ose regarder les infos sur le net (je déteste les nouvelles depuis toujours…). Mais l’Europe, c’est encore très loin, donc juste un léger stress..

12-03-2020 Et là tout change…

Deux jours plus tard, on entend la rumeur que certains pays de l’Amérique centrale et du sud pourraient fermer leurs frontières. (Bon ok, ça commence à être proche en tabarnouche). On ne veut absolument pas être pris au Bélize, pas que l’on n’aime pas, mais disons que ce n’est pas du tout dans nos plans… En plus, tout est ridiculement cher.

On se dépêche de traverser au Mexique. Ouf! Tout va bien, on est dans notre futur pays d’accueil, pas de stress, même si on est bloqué ici, de toutes façons, on veut y vivre 😉

Au Mexique, aucun signe du Covid, le paradis, tout le monde est heureux, même nous…

16-03-2020 Quand le stress embarque…

On passe une superbe semaine à Mahahual, mon frère vient même nous y rejoindre (on voit comment on n’était pas conscient). Après, nous allons tranquillement à Bacalar et là, juste là, j’ai un gros rush…

Mon ami mexicain (de la région d’Oaxaca) nous écrit tout bonnement pour savoir comment on va… Voici la version intégrale de notre discussion :

16-03-2020

Paco: Hola amigos, how are you with this whole COVID 19 crisis today? I hope everything is well on your way.

Nous: Holà dear Paco, we are good and fine in Bacalar QRoo. We have crossed the border from Belize a week ago. We had the feeling to come back in Mexico before any shut down. We hope that you are fine all the family? If nothing goes too much crazy, we should be back in Oaxaca next month. We hope you are not thinking closing El Rancho?

Paco: Good that you are well, we are all very well here, thanks. El Rancho will be open always for you !! We dont think close. There are many overlanders here, waiting they feel safe here!!

Nous: Great, we long to see you all soon and try to stay away from any problems. Is there any sign of panic in town? Because we had news from our daughter in Canada and they are starting to block people to buy no more than 2 items at markets.

Paco: Here in Oaxaca is very calm, today we went to Chedraui the store has everything, there were panic purchases in some places, but all stores have many products, everything is OK. See you soon!!

Il était à ce moment 14h21, nous étions au restaurant… Et la boum, comme si une grenade venait de me tomber en pleine figure… Des touristes partout, le resto est rempli à craquer et c’est comme si de rien n’était, je panique…

17h03

Nous: Holà, finally, after discussing, we decide that we should not continue our visits as if nothing was happening. We must do some kind of quarantine by not meeting much tourists and find a quiet and safe place for an eventually worst situation. And we think this place is El Rancho. We are now at 1400 kilometers from you. We think that if everything is ok, it will take us 5 days. We hope you will have small place for us?

Paco: Yes of course, you are welcome!! Don’t worry there will always be a place for you.

Trois jours plus tard, nous y sommes… Entre temps, mon frère prendra le bus, et se trouvera un vol pour retourner au Québec.

En arrivant au El Rancho, c’était comme revenir à la maison, on y a passé 3 1/2 mois, l’année dernière. Nous ne sommes pas seul, environ 50 personnes. Il s’y installe rapidement une énergie de communauté. On fait livrer notre pain, notre épicerie, la camion de fruits et légumes passe deux fois par semaine… On est super bien, la température est magnifique, comme un paradis entre quatre murs de 3 mètres de haut et une porte métallique…

Par contre, tous les jours, j’ai un sentiment de manque, de vide, comme un immense précipice devant moi, je pleure énormément, c’est comme si je portais le mal de la planète sur mon dos… Ouf, c’est pas facile, et pourtant j’ai à première vue tout pour être heureuse dans cette période d’incertitude.

Cette période d’incertitude, le voilà le problème, l’incertitude, elle me ronge de l’intérieur…

Je ne fais que penser à mes petits enfants (ceux qui ne le savent pas encore, je suis grand-maman de 2 petites merveilles). Ils étaient d’ailleurs supposés venir nous voir en juin, nous doutions ainsi que ce soit possible.

05-04-2020 Et la boum…

Je me lève un matin (je vous le jure que je n’y avais même pas pensé avant). Je regarde Richard, et je lui dis… Je pense que la chose à faire est de prendre nos cliques et nos claques et de retourner au Québec… Quoi, ben voyons… On retourne au Québec… Oui, je le sais, c’est ce que l’on doit faire.

J’ai juste envie de prendre mes cocos dans mes bras, d’être là pour les voir grandir, j’étais prête à m’arrêter en sachant qu’ils viendraient me voir deux fois par année, mais là soyons lucide, le après Covid 19 est inquiétant et pas mal certaine que le voyage ne sera plus le même… J’ai pas envie de les voir seulement dans un an, pas capable de me l’imaginer, j’ai les larmes qui me viennent encore.

Moins de 24h après, nous étions sur la route…

11-05-2020 Non mais, quel changement…

On roule 1100 km par jour durant 5 jours, le 6e jour, on ne fera que 6 heures pour être à destination. Mon chum m’impressionne, il est une vrai machine, on s’arrête seulement le temps de mettre de l’essence (avec gants et masque), nos dodos sont courts, dans des « truck stop ».

On a fait en 5 jours et demi ce que l’on avait fait en un an l’année passée, malade.

Donc, depuis hier nous sommes revenus dans le pays de l’hiver, nous sommes bien, on sait que l’on a fait le bon choix…

Nous étions prêts à s’arrêter, ce n’est juste pas dans le pays que l’on avait prévu 😉

J’ai des projets plein la tête et l’idée de voir grandir et de participer à l’émerveillement de mes petits cocos me remplit de joie. Au delà de ce virus de merde, je crois sincèrement que ma place pour les prochaines années se devait d’être près d’eux…

Je repartirai sur la route du monde quand le moment sera venu, nous avons été extrêmement privilégiés d’avoir pu voyager pendant 7 ans sur cette magnifique planète.

Merci la vie… S’il vous plait, appréciez votre chance de pouvoir vous confiner chez vous avec votre famille et de la bouffe dans votre frigo…

Arrêtez de vous plaindre, c’est un luxe, un privilège de pouvoir le faire, certains, plusieurs, mourront de faim avant même d’avoir eu contact avec ce virus.

Je vous envoie, à tous, le plus gros câlin du monde, aimons-nous, aimons notre terre… J’espère, j’y crois, que de très belles choses en ressortiront.

Catégories :Amérique, À propos..., Canada, En route...En VR, Guatemala, Mexique, Où sommes-nous présentement ???, Ontario, Québec

16 commentaires

  1. Touchant chère Marie-Claude, bienvenue chez-vous

  2. Oh! comme je te comprends!
    L’incertitude, ça me ronge aussi. Et tu passeras tellement de bons moments avec tes petits-enfants!! Ça compensera au moins un temps…
    Nous ne regrettons pas de nous être arrêtés. Nous avions aussi imaginé nous installer ailleurs qu’au Québec mais, après mûres réflexions, on a finalement choisi le Québec. On est vraiment bien ici. À plusieurs niveaux!!
    Bon retour mes amis!
    Et mon petit doigt me dit qu’on vous vous installerez pas trop loin de chez nous alors, on se verra! 😉 Quand le virus se sera calmé le pompon.
    xx

    • Bonjour la petite famille,
      On ne voyait pas l’avenir d’un bon oeil en restant au Mexique, alors un coup la décision prise pleins d’autres projets s’ouvrent à nous. J’avoue qu’un printemps plus hâtif aurait été préféré. Au moins, on ne dort pas dans notre VR. Ce sera un plaisir de vous revoir quand on sortira de cette période surréaliste. À bientôt.

  3. Bonjour, on n’a pas eu la chance de vous croiser mais je lis depuis un moment vos articles, ils m’ont aidé dans plusieurs étapes de notre voyage, un grand merci ! C’est drôle (façon de parler) nous avions nous aussi des certitudes pour notre avenir qui se sont envolées en une nuit avec ce satané covid. On était persuadés que notre avenir était au Canada, et qui sait peut-être plus tard, mais on est heureux d’avoir retrouvé notre famille et on sait que pour les années qui arrivent c’est auprès d’eux qu’on doit être. Profitez bien de vos petits cocos et de votre beau pays, nous on l’adore !

  4. Bonne « réinstallation » à vous trois. Une fois la décision prise, le plus dur est passé !! Profite bien de ta famille Marie-Claude !!

  5. Quelle aventure! Mais elle n’est pas terminé. Elle prend un détour. Je pense que vous avez bien fait et j’espère que je pourrai bien profiter de votre présence dans notre pays. Bienvenue chez vous, parmi des amis qui vous aiment. Tellement hâte de vous revoir…

    • Je pense à la façon dont vous nous avez reçu, l’été dernier, chez vous avec nos amis du Michigan. Et tout le plaisir lors de votre visite à la campagne où nous avons festoyé allègrement. Je peux imaginer l’explosion de joie quand la fin de ces mesures de confinement nous permettra enfin de se saluer avec une bonne accolade. D’ici là, gardons le moral et à bientôt.

  6. Finalement on vas pouvoir se voir et echanger sur vos aventures et s’embrasser… oups @#$&# de Covid! Mais on vas s’arranger!! Xxx

  7. Allo Marie-Claude et Richard. Heureuse de vous savoir au Québec par ces temps incertains et avec vos petits-enfants. C’était une bonne idée de revenir. Nous avons aussi été rapatriés le 25 mars de Barcelone… de justesse. bisous xx

    • Salut Loulou, oui très heureux de savoir que vous êtes revenus. Votre situation était assez tendue et éloignée. Nous, fallait prendre la décision et donner un gros coup de volant, 5300kilo en 5 jours et demi, je me l’imaginais même pas, mais sans traffic ça été plus facile. À bientôt et prenez bien soin de vous.

  8. Bon retour au Québec.

    Ce n’est qu’une pause dans votre projet et c’est d’ailleurs de cette façon (par une pause) que je vous ai rencontré. C’était lors d’un point de contrôle autoroutier aux limites de l’Ontario et du Québec. Et oui, j’avais dit que j’allais vous écrire…alors voilà.

    La vie nous réserve des surprises et je crois qu’il n’arrive jamais rien pour rien.

    Profitez bien de ces moments pour refaire le plein de projets.

    Cette pause sera sûrement le début d’une nouvelle aventure.

    Bonne continuité

    Michel

    • Bonjour Michel,
      On a eu le sourire quand on a lu ton petit mot. Le reste de notre route s’est bien passé, on n’a pas rencontré d’autre contrôle.
      En rentrant à St-Côme, il y a des gens du conseil municipal qui distribuait des notes informatives et quand ils ont vu notre VR, ça ne les a pas surpris, ils étaient déjà au courant qu’on arrivait. Bonne continuité dans tes fonctions, ça été un plaisir de jaser avec toi.
      Continue à te promener sur notre site, il y a des belles photos et des textes intéressants. Pis on aime bien ça avoir des commentaires.
      Comme tu dis : y’a jamais rien pour rien, on va peut-être se recroiser un de ces jours.
      Au plaisir,
      Marie-Claude, Rafi et Richard

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