








… et quelques années plus tard, avec du recul, une vision bien différente de cette période.
Je ne sais pas trop par où commencer…
Comme vous le savez, déjà 7 ans que nous sommes « On the road ». Il y a quelques mois, nous avons tous (Richard, Rafi et moi) eu l’envie de s’arrêter.
Octobre 2019
Un coup de cœur pour la région de Puerto Escondido (Mexique), on se voyait très bien vivre sur le bord de la mer, avoir un petit « Bed and breakfast », continuer notre vie de rêve…
Vivre sur le bord de la mer est définitivement un rêve pour plusieurs québécois (et autres peuples évidemment). Ce que je veux dire, c’est que j’étais CERTAINE que c’était mon rêve… EUH NON!
Je vous explique : j’adore la mer, le bruit des vagues, l’odeur, le sable chaud, nager dans les vagues, blablabla… J’adore quand je suis en vacances 😉 Mais pas pour y vivre… Quand la température dépasse les 34 degrés, disons que je ne suis pas trop fonctionnelle, le hamac devient alors mon meilleur ami et mes fonctions d’activités commencent plus vers 16h30…
Si vous voyez où je veux en venir… L’objectif de s’arrêter n’est pas de faire du hamac, mais plutôt d’avoir un nouveau défi (je suis, Marie-Claude, une machine à projets). Mais travailler à cette température, pour moi c’est juste NON…
Donc, on continue de voyager dans ce pays que nous adorons (le Mexique, pour ceux qui ne suivraient pas) et on découvre une autre région… Oaxaca (la ville). Température idéale (30° le jour, 15 la nuit), on rencontre des Mexicains géniaux, on trouve les alentours magnifiques, ça y est on a trouvé notre paradis, on en est certain, pas de doute, c’est ici que l’on jette l’ancre…
De novembre à mars
Avant de faire le grand saut, on part visiter le Guatemala (2 1/2 mois) et le Belize (1 1/2 mois).
J’ai un peu de difficulté à apprécier pleinement les deux pays, car j’ai juste envie de revenir et commencer nos nouveaux projets… Trouver une petite maison, ouvrir un resto, j’en dors plus, je suis toujours en train de créer des menus…
10-03-2020
À la fin de notre séjour au Belize, le fameux Coronavirus commence à se répandre sérieusement ailleurs dans le monde. On ne se sent pas du tout concernés à ce moment, la vie semble n’avoir changé sur aucun plan. Tout tourne à fond dans le milieu touristique en Amérique centrale…
Quand nos amis (on avait de la belle visite au Belize) quittent le 10 mars, certains pays européens commencent à être touchés de manière exponentielle, on sent un certain stress quand on ose regarder les infos sur le net (je déteste les nouvelles depuis toujours…). Mais l’Europe, c’est encore très loin, donc juste un léger stress…
12-03-2020 Et là tout change…
Deux jours plus tard, on entend la rumeur que certains pays de l’Amérique centrale et du sud pourraient fermer leurs frontières. (Bon ok, ça commence à être proche en tabarnouche). On ne veut absolument pas être pris au Belize, pas que l’on n’aime pas, mais disons que ce n’est pas du tout dans nos plans… En plus, tout est ridiculement cher.
On se dépêche de traverser au Mexique. Ouf! Tout va bien, on est dans notre futur pays d’accueil, pas de stress, même si on est bloqués ici, de toutes façons, on veut y vivre 😉
Au Mexique, aucun signe du Covid, le paradis, tout le monde est heureux, même nous…
16-03-2020 Quand le stress embarque…
On passe une superbe semaine à Mahahual, mon frère vient même nous y rejoindre (on voit comment on n’était pas conscients). Après, nous allons tranquillement à Bacalar et là, juste là, j’ai un gros rush…
Mon ami mexicain (de la région d’Oaxaca) nous écrit tout bonnement pour savoir comment on va…
(conversation)
Il était à ce moment 14h21, nous étions au restaurant…
Et là, boum, comme si une grenade venait de me tomber en pleine figure… Des touristes partout, le resto est rempli à craquer et c’est comme si de rien n’était, je panique…
Avec le recul que j’ai aujourd’hui, je réalise à quel point la peur et l’incertitude étaient partout, amplifiées de tous les côtés… mais sur le moment, tout semblait tellement réel et urgent.
17h03
Nous: Holà, finalement, après discussion, on décide qu’on ne peut pas continuer comme si de rien n’était… (etc.)
Trois jours plus tard, nous y sommes…
En arrivant au El Rancho, c’était comme revenir à la maison… Une petite communauté se crée, on s’organise, on s’adapte…
Par contre, tous les jours, j’ai un sentiment de manque, de vide, comme un immense précipice devant moi… Je pleure énormément… Cette période d’incertitude, le voilà le problème… elle me ronge de l’intérieur…
05-04-2020 Et la boum…
Je me lève un matin… et je dis à Richard :
Je pense que la chose à faire est de retourner au Québec…
Aujourd’hui, je vois cette décision avec un regard différent. Était-ce vraiment nécessaire? Peut-être pas. Mais à ce moment précis, avec les informations qu’on avait et l’émotion qui nous habitait, c’était la seule décision qui faisait du sens pour moi.
Moins de 24h après, nous étions sur la route…
11-05-2020 Non mais, quel changement…
On roule 1100 km par jour durant 5 jours… une vraie machine mon chum…
Et nous voilà de retour… dans le pays de l’hiver.
Nous étions prêts à s’arrêter… ce n’est juste pas dans le pays que l’on avait prévu 😉
J’ai des projets plein la tête… et surtout, l’envie de voir grandir mes petits cocos…
Merci la vie…
Avec le recul…
Avec les années, ma perception de cette période a beaucoup changé. Ce que je voyais comme une crise incontrôlable me semble aujourd’hui teinté de peur collective, de confusion et de décisions prises dans l’urgence.
Je ne renie pas ce que j’ai ressenti — c’était vrai, c’était intense. Mais je réalise aussi à quel point cette expérience m’a appris à questionner, à prendre du recul, et à écouter davantage mon instinct plutôt que le bruit ambiant.
La remontée vers le Québec… complètement hors du réel. Des routes presque vides, des panneaux lumineux partout qui répétaient de rester à la maison. On avait l’impression d’être dans un film. Pour rentrer, on a même dû demander l’accord du maire de Saint-Côme pour pouvoir s’installer dans une maison qu’on nous prêtait. Et une fois arrivés… enfermés. Un mois complet sans sortir, même pas faire le tour de la maison. La GRC nous a appelés à plusieurs reprises, et ils sont même venus en personne vérifier qu’on respectait bien la quarantaine. Aujourd’hui encore, quand j’y repense… c’est difficile à croire qu’on a vraiment vécu ça.

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