Après trois mois dans une maison louée, on est complètement dispersés. Trois jours à tout trier, replacer, compacter… et enfin prêts à repartir à bord du VR.
Première étape : obtenir le permis d’importation pour le VR et pour notre scooter 49cc au comptoir de Banjercito. Dans nos lectures, tout semblait simple. Évidemment… ça ne l’a pas été.
Petit retour en arrière. En septembre, aux États-Unis, un monsieur très sympathique nous avait avertis qu’il était impossible d’entrer au Mexique avec deux véhicules au même nom. On le prend au sérieux et on fait transférer le scooter à mon nom. Ce qu’il ne savait pas — et nous non plus — c’est que pour un 49cc, ce n’était pas nécessaire. Et c’est exactement ce détail qui va tout compliquer.
Nous sommes le 30 mai. Premier stress : l’immatriculation originale du VR expire… le lendemain. On a la photocopie du nouveau certificat, mais l’original est au Québec. Explications en espagnol (merci Richard 🙏), appels au supérieur, attente interminable… Finalement, comme le document original est encore valide jusqu’à minuit, ils doivent nous émettre le permis. OUF.
Petite particularité : le permis d’un VR est valide 10 ans (entrées et sorties illimitées) et coûte 59 $ US. Jusque-là, ça va.
Puis vient le scooter.
Discussion interminable avec le supérieur : verdict, il entre dans la catégorie moto. Permis valide 6 mois, comme le visa. Or, nous sommes entrés le 5 janvier. Il ne reste que deux mois. Pour prolonger ? Il faut sortir du pays par une frontière terrestre (Guatemala ou États-Unis). Impossible : plus de 1 500 km.
Si on paie le permis (59 $ US + 400 $ US de dépôt remboursable à la sortie), il deviendra invalide après deux mois et le scooter sera illégal. Pour un scooter payé 500 $ il y a un an… On prend 24 heures de réflexion.
On décide finalement de payer et de trouver une solution plus tard à Mexico.
On retourne au comptoir. Nouvelle surprise : pour un 49cc, s’il avait été au même nom que le propriétaire du VR, il aurait simplement été inclus dans le même permis. Silence intérieur. Respiration.
Et là, coup final : hier c’était possible parce que l’immatriculation était encore valide. Aujourd’hui, elle est expirée. Impossible d’émettre quoi que ce soit.
Frustration. Tristesse. Re-frustration.
On doit faire notre deuil. On appelle Olga, qui nous a donné des cours d’espagnol et qui a deux ados. En moins de deux, on est chez elle. On lui laisse le scooter comme cadeau d’au revoir.
Retour vers le ferry avec un VR un peu plus léger.
Au port, passage aux “douanes” (on change simplement d’État). Vérification du permis d’importation : une minute chrono. Ensuite pesée officielle pour déterminer le tarif.
Au comptoir, la caissière — super sympathique — enregistre notre motorhome comme camion à roues doubles. Résultat : calcul différent, plus de 200 $ d’économie. Enfin un petit bonheur. Malgré tout, la traversée nous coûte environ 800 $ CAN.
On arrive très tôt pour espérer une place sur le pont supérieur (indispensable si on veut dormir dans le VR). On est parmi les premiers à embarquer. Chance habituelle ? Pas cette fois.
On se retrouve au fond, coincés sous un toit, entourés d’énormes camions. Celui à côté de nous laisse son moteur tourner toute la nuit. Douze heures. Le bruit, on finit par s’y faire. La chaleur (34 degrés dans le VR) et l’odeur de diesel, beaucoup moins.
On passe quelques heures dans la cafétéria. Les repas sont inclus, pas mauvais. À la télé, un film de James Bond. Les chauffeurs de poids lourds sont écrasés dans les divans, certains semblent littéralement fondre de fatigue. Ça nous fait presque rire.
La traversée dure 15 heures. La nuit est pénible. On vérifie qu’on respire encore. On dort mal. On survit.
Et au matin, quel bonheur de retrouver la terre ferme.
Au revoir, fidèle scooter. Merci pour cette belle année. J’espère que tu rendras ta nouvelle famille aussi heureuse que tu l’as fait pour nous.



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