Cinq ans d’ancrage avant de reprendre la route


Il y a des périodes dans une vie qui nous transforment en profondeur. Ces cinq dernières années au Québec auront été de celles-là.

Nous avons posé nos racines sur une terre qui nous a accueillis avec une générosité infinie. La rivière nous a portés, la forêt nous a nourris, et tranquillement, nous avons appris à ralentir… à écouter… à vivre autrement.

C’est là que j’ai découvert le jardinage — d’abord timidement, puis avec passion. Jusqu’à faire pousser bien plus que des légumes : une autonomie, une fierté, un lien tangible avec le vivant. Cinq serres à l’intérieur pour démarrer mes semis, et même des cultures hydroponiques pour traverser l’hiver… un petit écosystème à nous, en plein cœur du froid québécois.

Mais au-delà de la terre, la vie m’a offert un cadeau immense : devenir grand-maman. Cinq fois. Cinq petits êtres qui ont élargi mon cœur d’une façon impossible à mettre en mots.

Et puis, il y a eu les humains. Ma tribu. Des rencontres marquantes, alignées, inspirantes. Ensemble, on a partagé bien plus que des moments : une vision, une énergie, une gratitude profonde. Assez pour donner naissance à quelque chose d’un peu fou… le ZFIGA — le Festival International de la Gratitude Absolue. Parce que célébrer la vie, ça fait du bien (et oui, je me trouve quand même un peu drôle 😉).

Notre yourte est devenue un lieu de rassemblement, un cocon pour accueillir famille et amis, un espace vivant rempli de rires, de connexions et de simplicité. Jusqu’à ce que la ville en décide autrement et que nous devions nous en départir.

Une fin… ou plutôt un nouveau départ.

Parce qu’au fond, rien n’arrive pour rien.

Alors, avec le cœur rempli de tout ce que ces années nous ont offert, nous avons choisi de repartir. Neuf mois sur la route. Une autre façon d’habiter le monde. Encore.

Et si certains pourraient croire qu’il est temps de ralentir… nous, on sent tout le contraire. À l’aube de mes 50 ans, aux côtés de mon chum extraordinaire de 73 ans et de notre merveilleux fils de 25 ans, on regarde devant avec la même étincelle — peut-être même plus vive encore.

Parce que l’âge n’a jamais été une limite, seulement une histoire qu’on choisit de se raconter.

Et la mienne est loin d’être terminée.

J’ai encore la tête pleine de projets un peu fous, de rêves à construire, de chemins à explorer.

Catégories :Amérique

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