
On quitte peu à peu les montagnes, les routes deviennent plus minérales, les paysages s’ouvrent et les couleurs changent. Le vert se fait rare, la roche prend le dessus, puis le sable commence à apparaître. Cette portion du voyage marque une transition forte : on entre doucement dans le Maroc du Sud, plus brut, plus silencieux, presque lunaire par endroits.
Entre les gorges spectaculaires du Dadès et l’arrivée aux portes du désert à M’Hamid, chaque kilomètre est une découverte. Les villages semblent accrochés à la terre, le temps ralentit, et l’on sent déjà l’appel du désert, immense et fascinant. Ici, le voyage prend une autre dimension.






Tamezguida ’n Tizagharine – Association Tinmel pour le Développement
Sur la route entre Taroudant et Marrakech, on fait une halte qui vaut largement le détour. Perchée au sommet d’une colline, au cœur des montagnes, Tamezguida ’n Tizagharine se dévoile dans une atmosphère presque hors du temps. Cette ancienne mosquée, sobre et puissante à la fois, impressionne par son architecture authentique et son intégration parfaite au paysage.
La lumière y est tout simplement magique : elle glisse sur les murs de terre, change au fil des heures et donne au lieu une énergie particulière. On ressent immédiatement l’importance historique et spirituelle du site, intimement lié à l’histoire des Almohades et à la région de Tinmel.
Un lieu chargé de sens, à la fois culturel, historique et profondément émouvant. À ne surtout pas manquer si vous traversez cette route.


Située près de Skoura, à environ 42 kilomètres à l’est de Ouarzazate, la kasbah d’Amridil est sans doute l’une des plus emblématiques du sud marocain. Posée au cœur de la palmeraie, elle se dresse fièrement avec ses tours crénelées et ses murs de terre ocre qui se fondent parfaitement dans le paysage.
La visite est vraiment intéressante : on découvre l’organisation d’une kasbah traditionnelle, les espaces de vie, les greniers, les systèmes d’irrigation et le quotidien d’autrefois. Chaque pièce raconte un bout d’histoire et permet de mieux comprendre la vie dans ces forteresses familiales.
Un lieu chargé d’authenticité, magnifiquement conservé, qui donne l’impression de remonter le temps. Un arrêt incontournable dans la vallée du Dadès et sur la route des mille kasbahs.




Point de vue — Aït Ben Haddou
Sur la route qui descend vers la vallée, le point de vue d’Aït Ben Haddou se présente comme un théâtre suspendu entre ciel et terre. Les ruelles, serrées et rugueuses, ont gardé la mémoire de leurs pierres — chaque pas y restitue un écho d’autrefois.
Les maisons d’argile se serrent en terrasses ; du sommet, la kasbah se découpe en silhouettes ocre, découpées par une lumière qui change au fil de la journée. Les artisans, tisserands et peintres, tiennent le lieu vivant : leurs gestes répétés, leurs couleurs chaudes et leurs sourires vous accueillent sans artifice.
Montez jusqu’au sommet — c’est là que la vue se fait splendide : la vallée s’étire, les dunes lointaines chuchotent, et l’horizon semble suspendu. On ressent, entre le souffle du vent et le silence des murs, la puissance d’un lieu hors du temps.
Une halte à ne pas manquer pour qui cherche la beauté brute et la chaleur humaine d’un patrimoine encore vivant.





Kasbah Taourirt
Massive et majestueuse, la Kasbah Taourirt s’impose comme un labyrinthe d’argile et de silence. Dès l’entrée, on s’y perd avec plaisir : couloirs étroits, escaliers imprévisibles, passages qui se croisent et se dérobent. Chaque détour semble garder la trace de vies anciennes, inscrites dans la terre même des murs.
La kasbah se déploie en volumes superposés, sculptés par le temps. Les textures ocre captent la lumière, la filtrent, la rendent douce. Ici, tout invite à la lenteur — à lever les yeux, à frôler les parois, à écouter le lieu respirer.
En atteignant le sommet, la récompense est immédiate. La vue s’ouvre largement sur Ouarzazate et ses environs ; l’horizon s’étire, clair et puissant. Là-haut, le vent circule librement, et l’on comprend pourquoi cette kasbah fut à la fois refuge, symbole et point de contrôle.
Une visite marquante, pour celles et ceux qui aiment se perdre dans les dédales de l’histoire et atteindre, au bout du chemin, une beauté simple et saisissante.
Kasbah des Caïds
Plus qu’un lieu à visiter, la Kasbah des Caïds est un endroit où l’on s’attarde. Dès l’arrivée, l’atmosphère enveloppe : murs anciens, volumes apaisants, lumière tamisée qui semble ralentir le temps. On y ressent immédiatement quelque chose de chaleureux, presque intime.
Y passer la nuit prolonge l’expérience. Le silence du soir, la douceur des espaces, puis le souper — généreux et sincère — qui réconforte autant qu’il ravit. Le lendemain matin, le petit déjeuner achève de convaincre : simple, soigné, préparé avec attention.
Le propriétaire, accueillant et naturellement sympathique, donne à l’endroit une âme supplémentaire. On se sent reçu, pas simplement hébergé.
Un lieu que l’on aime profondément, où l’on aurait envie de revenir, pour l’atmosphère, pour les gens, et pour cette sensation rare d’être exactement là où il faut être.




Poterie Traditionnelle Tamegroute
À Tamegroute, la poterie est bien plus qu’un savoir-faire : c’est une mémoire vivante. Le village impressionne par la simplicité brute de ses ateliers, où la terre, le feu et le geste dialoguent sans artifice.
Derrière la boutique, la découverte se fait plus saisissante encore. On nous mène au cœur de la production : fours ancestraux, empilements de pièces, chaleur palpable. Le processus se dévoile tel qu’il est, exigeant, répétitif, profondément humain.
Le travail est hallucinant. Chaque pièce porte la trace du temps, de la patience et de l’expérience accumulée. Rien n’est lisse, rien n’est standardisé — et c’est précisément ce qui rend ces poteries si puissantes.
Une visite marquante, qui force le respect et laisse une impression durable, comme si la terre elle-même avait quelque chose à raconter.




Bivouac sous les étoiles
Nous choisissons le forfait d’une nuit en bivouac « sauvage », accompagnés des dromadaires. Dès le départ, l’expérience promet quelque chose de simple et de vrai : le désert, le rythme lent, le silence qui s’installe peu à peu.
Nos trois chameliers sont d’une gentillesse naturelle, attentifs et souriants. Leur présence rend le moment encore plus humain. Seul petit bémol : maman se révèle allergique aux dromadaires et ne se sent pas très bien — un imprévu qui rappelle que l’aventure reste vivante, parfois imprévisible.
Anecdote
C’est l’anniversaire de mon fils. Quand les nomades l’apprennent, ils improvisent un geste d’une beauté désarmante : un pain cuit directement dans le sable. On n’aurait jamais cru qu’il puisse être aussi bon — pas une miette de sable, seulement la chaleur, le feu et le savoir-faire. Le soir venu, ils prennent aussi le temps d’écrire son prénom dans le sable avec des chandelles. Sous le ciel étoilé du désert, ce moment suspendu devient profondément magique.
Une nuit simple et intense, faite de gestes sincères, de partage et de souvenirs qui resteront longtemps gravés.















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